Les Sauroctones
Saint Georges terrassant le dragonLes sauroctones sont, litteralement traduit, des tueurs de lézards, bien que la plupart du temps ces fameux lézard y apparaissent en tant que dragons, il arrive que ce soit des vouivres, tarasques, coulobres et coquatrix. Ils ne sont pas tout le temps tué, mais peuvent être apprivoisés ou chassés.
L'origine de la légende des sauroctones vient des légendes grecques.
On y trouve en particulier Heraclès (Hercule) qui pourfent le monstrueux Hydre de Lerne, Apollon (Mercure) qui combat Typhon dans Delphes.
Apollon combattant Typhon.Elles sont plus tard entendu dans la bible, où Yahvé y tue le terrible léviathan.
"La destruction du Léviathan" par Gustave DoréMais la période la plus riche en sauroctone est bien entendu le moyen-âge.
Voici une liste fesant apparaitre les saints sauroctones médievaux:
_St Clément conduisant le « Graoully » sur les bords de la Seille
_le coquatrix de Troyes, ou « Chair salée » : saint Loup (Ve s.).
_le dragon des bords de la Seine : saint Samson.
_la Bête de Trou Balignan, près de Granville : saint Germain de la Rouelle.
_le dragon à sept têtes de Saint-Germain-sur-Bresle (Somme) : saint Germain d'Amiens.
_le dragon de Bayeux : saint Vigor.
_le dragon de Savigny (Rhône) et celui de Lucéram (Alpes Maritimes) : sainte Marguerite.
_le dragon de l'île de Batz, précipité dans le « Toul-ar-Sarpant», l'abîme du serpent : saint Pol de Léon.
_la guivre de Saint-Suliac (Ille-et-Vilaine) : saint Suliac.
_le dragon du Mans : saint Julien et saint Léon.
_le serpent de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) : saint Mauronce.
_le dragon de Draguignan (Dracoenum) au lieu dit Saint-Hermentaire : saint Fortunat ou saint Hermentaire.
_la Coulobre de la fontaine de Vaucluse : saint Véran (VIe s.).
_le dragon d'Aix-en-Provence : saint Jacques ou saint André.
_le serpent de la roche Huche-Pointue : saint Georges, évêque de Velay (IIIe s.).
_le dragon de Limoges : saint Martial (IIIe s.).
_le drac des gorges du Tarn, ou la grande couleuvre : sainte Enimie et saint Yles.
_le dragon de Jargeau, anciennement Jargolium ou Gargolium (GRG) : saint Vrain.
_le dragon de Meung : saints Mesmin, Lyphard et Dyé.
_le dragon de la Chapelle-Saint-Mesmin : saint Mesmin.
_le dragon de Saint-Dyé-sur-Loire : saint Dié ou Dyé (VIe s.).
_le dragon de Vendôme : saint Bienheuré.
_le dragon de Saumur : saint Florent.
_la Grand' Goule de Poitiers ou « Bonne Sainte Veurmine », sur les bords du Clain : saint Hilaire et sainte Radegonde (IVe s.).
_le dragon de la Dive, près de Saint-Jouin-de-Marnes, ou le dragon d'Oiron (Poitou) : saint Jouin.
_le dragon de Toulouse : saint Saturnin (IIIe s.).
_l'énorme crocodile de Saint-Bertrand-de-Comminges : saint Bertrand.
_le dragon de Bordeaux : la verge de saint Martial.
_le dragon de Paris, vallée de la Bièvre : saint Marcel (IVe s.).
_un serpent monstrueux entre Vaux et Meulan : saint Nicaise.
_le dragon de la grotte de la pointe de Peuvin : saint Gildas.
_le serpent jeté par saint Armel dans la Seiche.
_le serpent étranglé par san Qilico à San-Lorenzo, en Corse.
_le dragon dompté par saint Junien, ermite, dans le Limousin.
_le dragon dompté par saint Front à Périgueux.
et bien d'autres encore...
Saint Michel et le dragonL'explication la plus rationelle trouvé à cette émeute de sauroctone est que les religieux y ont voulu représenter la victoire de la lumière sur les ténèbres, du bien contre le mal, de l'église contre les hérétiques...
Autrement dit, le saint représenterait l'église et le dragon les peuples païens... Une joli façon de montrer les massacres que l'église a commis contre les peuples qui ne voulaient pas se soumettre à la religion chrétienne.